présentation de dessins : carnets de voyage, carnets de ville, carnets de vie, dessins
Toute ma vie, j'ai révé d'être un dompteur de l'air...
Ils sont 10 dans la fraterie de Monge, Paul est l'ainé, Louis le dernier. Ils ont 16 années de différence. Louis a une mission dans la vie: participer au développement de l'aviation franco-belge au début du XXeme...
En fait, il ne fera que cela...
que cela...
Né en 1890, Louis va tout de suite s'inscrire dans cette vocation. En 1907, il établi ses premiers brevets qui sont déposés par son frère Joseph, qui, lui, a plus de 18 ans et peut déposer un brevet. C'est avec ses frères et certainement avec Joseph, qu'il développe ses machines qu'il lance notamment depuis la tour de Wallay, le petit chateau des de Monge.
Une photo de 1908 montre devant Wallay, un avion qui ressemble à un immense insecte en papier blanc, au milieu Louis est aux commandes. Cet avion ne volera pas réellement mais démontre la farouche volonté du cadet des de Monge. Utile de signaler qu'ils sont tous un peu dingue dans cette famille. Paul ira chercher du pétrole en Argentine, pétrole qu'il ne trouvera pas, Gabrielle s'illustrera comme figure de la résistance, les frères vont tous déposer des brevets, peignent, dilapident de l'argent, etc. Louis n'échappe pas à ce type de destin.
Durant le premier conflit mondial, l'histoire veut qu'il compose en toutes circonstances...
Bon à savoir: la chambre aux mouches est une pièce bien connue dans la tour de Wallay...
Dans les années 1920, il s'accossie avec Buscaylet et s'installe quelque part en France dans un atelier industriel pour générer des avions.
Il épouse Jaqueline Vincotte en 1911, il dépose des brevets par dizaines, développe les deux modèles d'avions appelés "automotiquement stables" qui par principe de désolidarisation du corps de l'avion, les ailes sont flexibles et garantissent la stabilité de l'avion dans la tormente, il dessine des élices, s'associe à des industriels, ne renonce à aucun défi. Dans les années 1910 et 1920, il établi de nombreux projets, il fait concourir ses machines à différents concours de vitesse notamment.
et l'effort, cela paie
Il y aura plus de 10 avions proposés...
Cela dit, ses avions vont finalement et globalement échouer aux différentes compétitions auxquelles il les inscrit: trop de vent, pas assez, trop de brouillard, problèmes techniques avant le décollage, perte des biens et pilotes, commandes non honorées. Il y a une forme de malédiction..
Paul ne pourra jamais vraiment résister, au grand dam de sa femme, à soutenir son petit frère dont il est par ailleurs le parrain.Paul recervra de son fieul, des 10zaines de lettres construites sur la même structure: mon cher Paul, malheureusement mon dernier projet n'a pas connu le succès escompté mais j'ai une nouvelle excellente idéee qui ne peut échouer. A cet égard, pour y arriver, j'aurai besoin de quelque argent. Cet argent, Paul le puissera dans la cassete de sa femme. Dans la famille, on retiendra longtemps le resentiment de mon arrière grand-mère à l'égard de cet oncle qui sans vergonge s'est fait entretenir, lui et ses projets maudits, sur son compte et sans son assentiement.
En 1927, il fourni l'hélice pour le projet français qui doit participer à la première traversée de l'Atlantique. Le voyage est fixé un dizaine de jours avant le départ du prochain américain. Peu avant le départ, les français doivent postposé l'envol de plusieurs jours pour des raisons techniques. L'avion de Limberg sera donc le premier à franchir l'Océan. L'élice de Monge ne remportera pas non plus ce reccord.
Mais il ne renonce pas. Il diversifie les champs d'investigations et dépose des brevets dans le secteur de l'automobile et des moteurs à combustion, les systèmes de freinage, les mécanismes de tois ouvrants automatiques, etc
Il assume le tout...
Françis de Monge, le père, s'était illustré comme professuer de droit à Louvain, Député et maieur de Ohey, l'entité abritant Wallay.
Pour les connaisseurs, je me suis trompé de grand-père dans ce dessin. Le portrait n'est pas celui du père de Louis et Paul mais bien celui du papa de Suzanne, l'épouse de Paul, déposédée par la fraterie. Quelle drôle de confusion face à ce protrait que j'ai toujours connu tronant dans le salon de Wallay...Ironie du sort.
Durant son parcours, il aura l'occasion de travailler avec Bugatti. C'est avec le fils qu'il s'entendra particulièrement. Bugatti voulant marquer sa 100ème performance de vitesse, invite de Monge à concevoir l'avion qui franchira le record de vitesse pour atteindre 550Km/h. Nous sommes alors à la fin des années 30.
Le 100P, qui est le nom donné à cet avion de tous les reccords, sera surprenant et devient l'élément central de la carrière de Loui. Le P100 sera rapidement un objet mythique
Le 100P est équipé de deux moteurs de 450 cheveaux placé à l'arrière du pilote et entrainés chacun par une élice. Deux élices distinctes pointent devant le nez de l'avion.
Conforme à l'habitude, le projet de Monge va connaitre des aléas l'empêchant d'aboutir. Nous sommes en 1939, l'avion est monté et son premier vol est programmé sous peu mais la guerre amènent les autorités françaises à imposer à Bugatti d'interdire que cette technologie avant-gardiste ne puisse tomber dans les mains de l'ennemi. L'avion est démonté et rangé dans des caisses envoyées dans les caves d'une villa que possède Bugatti en province.
Ca commence à être dur à encaisser...
Après la guerre, l'avion est toujours dans les caisses dans la cave. Bugatti fils est décédé à l'issue du conflit mondial, Louis a perdu son soutient dans la maison. Par ailleurs, le reccord de vitesse est maintenant atteind.
Les caisses vont donc renfermer l'avion détaché pendant des décennies.
Louis s'envole en 1946 pour les Etats Unis où la France l'envoie pour étudier l'industrie aéronautique américaine. Il ne reviendra jamais en Europe.
Dans les années 1970, un américain retrouve la trace non pas du 100P mais des deux moteurs Bugatti de 450 chevaux. Il fait revenir les caisses de Bugatti, récuppère les moteurs et fait don de la carcasse de l'avion au petit musée de l'aviation pres de chez lui, le Musée Aéronautique de l'Experimental Aircraft Association à Oshkosh, Wisconsin. Le conservateur fera remonter l'avion, sans moteur, et connaisseur du caractère exceptionnel de la pièce, l'expose au public.
En 1975, un journaliste américain retrouve Louis, cette fois un homme agé, et fait le lien avec ce petit musée situé dans l'Etat. Il l'y emmène...
Louis sera confronté à son avion pour la première fois en 1975, plus de 35 ans après l'avoir rangé dans des caisses...
Louis meurt moins de deux ans plus tard à l'âge de 87 ans.
J'ai souvent entendu parler de ce grand-oncle à la maison, des maquettes d'avions, les morceaux d'élices, des histoires rappelant cette épopée, ont toujours trainés à Wallay. Il a fallu que Ladislas de Monge, mon oncle, ne s'investisse récemment dans le projet de Scotty pour en fait me faire découvrir qui était ce grand oncle Louis.
En effet, Scotty Wilson, pilote de l'armée américaine, s'est décidé à poursuivre le projet de Louis et a décidé de faire voler l'avion mythique...
C'est une entreprise persqu'aussi dingue que celle entamée par Louis...
Plus de 100 ans après les premiers essais de Louis, l'avionation a changé de visage. Le temps découlé entre Louis et moi est un fait incontornable. L'approche que je peux avoir sur l'aviation est radicalement différente de celle de Louis. L'avion est aujourd'hui l'incarnation du mode de déplacement le plus polluant, le plus arrogant et à la pointe du rythme de dingue imposé à nos vies...
Il n'empêche, et cela je le partage avec Louis, que l'avion constitue une formidable maitrise technologique et permet la découvette du monde dans des conditions inégalées...
Tu as aimé? Pas hésiter à voir d'autres articles, juste ici colonne de gauche...Salut